Projection et introjection en psychologie

Je vous offre un cours vidéo gratuit

> Cliquez ici

Projections négatives : quand je reproche à l’autre des défauts que je n’aime pas en moi

Projection : définition

En psychologie analytique, on désigne par le terme “projection” le phénomène consistant à attribuer à quelqu’un d’autre des qualités, des défauts ou des pensées nous appartenant à nous aussi. Autrement dit quand j’attribue à quelqu’un des intentions, des raisonnements, des façons de penser qui finalement sont surtout les miennes.

La projection peut porter sur des choses négatives, pour ne pas les assumer, et sur des choses positives, pour ne pas avoir à les incarner.

Nous verrons d’abord des exemples projection négative et puis de projection positive.

Exemple de projection négative

Par exemple…. Je vais prendre exprès l’exemple le plus caricatural.

  • Dispute de couple et jalousie déplacée

Un couple se dispute. L’homme reproche à la femme de lui cacher des choses. Elle ne voit pas de quoi il parle…. L’homme se montre jaloux de ses collègues masculins. Elle ne voit pas où il va chercher ça… Quelques jours plus tard, elle découvre qu’il la trompe. 

Son compagnon aura donc projeté sur elle ses propres travers à lui !

  • La paranoïa des coupables dans Macbeth de Shakespeare

La caricature de cet exemple peut se trouver dans ce que j’appelle “la paranoïa des coupables”. Dans Macbeth de Shakespeare, le couple Macbeth tombe dans la paranoïa après avoir assassiné le roi Duncan pour prendre son trône. Lady Macbeth développe un toc qui fait qu’elle se lave les mains nerveusement (parce qu’elle a symboliquement “du sang sur les mains”) tandis que Macbeth s’enfonce dans la paranoïa et la folie meurtière, obsédé par l’idée d’un complot contre lui… Alors que ce sont eux, les Macbeth, qui ont assassiné le roi Duncan et qui ont donc comploté contre lui!

Cette pièce de théâtre est un bon exemple de la paranoïa du coupable qui, pour ne pas sombrer dans la folie pure et dure après des actes qui pèsent sur sa conscience, s’invente une histoire plus facile à supporter psychologiquement, dans laquelle ce n’est pas lui le responsable de son anxiété, mais le monde qui se ligue contre lui.

Autre exemple : 

  • Petite manipulation de la vie de tous les jours

Un des signes de manipulation assez banale c’est quand une personne inverse une situation. Par exemple, une femme se montre désagréable. Son interlocuteur se défend. La femme reproche alors à cet interlocuteur d’être désagréable, alors que c’est elle qui l’est !

projection introjection psychologie

Autre exemple : 

  • Manipulation grave et emprise dans une relation toxique/perverse

Dans les cas les plus graves, d’emprise, une personne toxique va saboter la confiance en soi d’une autre personne en lui reprochant des défauts qui ne sont pas les siens. Par exemple : tu n’es pas assez belle, tu es une mauvaise personne, tu me fais de la peine… Alors qu’en fait en disant ça, la personne toxique parle d’elle-même : elle n’a pas confiance en elle, elle ne se sent pas belle, elle sent qu’elle n’est pas saine, pas sympa, elle sait qu’elle fait de la peine à l’autre… 

Mais comme se rendre compte de cela lui serait insupportable, parce que ça signifierait une trop grande remise en question, elle va projeter sur l’autre ce qu’elle ressent pour se libérer de la charge de ses sentiments. L’autre va perdre son estime de soi, et ainsi finira par partager le manque d’amour propre de la personne toxique qui l’aura embarquée avec elle dans le mal-être, et ainsi ne sera plus seule à se sentir mal. Une autre personne sera malheureuse elle aussi.

La projection ne concerne pas que des parts d’ombre de notre personnalité que l’on ne veut pas voir. Elle concerne aussi des belles parts de notre personnalité dont on n’a pas conscience.

Projections positives : quand j’admire en l’autre des qualités que je ne regarde pas en moi

Projection : définition

En psychologie analytique, on désigne par le terme “projection” le phénomène consistant à attribuer à quelqu’un d’autre des qualités, des défauts ou des pensées nous appartenant à nous aussi. Autrement dit quand j’attribue à quelqu’un des intentions, des raisonnements, des façons de penser qui finalement sont surtout les miennes.

La projection peut porter sur des choses négatives, pour ne pas les assumer, et sur des choses positives, pour ne pas avoir à les incarner.

Nous venons de voir des exemples de projection négative, voyons maintenant des exemples de projection positive.

Exemples positifs de projection : 

  • Le coup de foudre

Dans un coup de foudre, il y a un sentiment de reconnaissance très rapide. Or dans cette idée de reconnaissance, il y a le phénomène de la projection.

Je reconnais en l’autre des choses qui me touchent, des points communs, mais aussi des différences très marquées mais qui pourtant me parlent… J’ai l’impression qu’à deux, on va pouvoir se connecter à nous. 

Ces choses qui me touchent chez l’autre renvoient à des parts de moi auxquelles j’ai du mal à me connecter en ce moment, et que j’apprécie chez la personne devant moi. Ainsi la personne que je rencontre en revient à porter des responsabilités qui sont les miennes.

Par exemple, je la trouve courageuse et forte : où en suis-je moi en termes de courage et de force ? Où est-il mon courage à moi ? Dans quelle mesure suis-je courageuse ?

Je la trouve belle et charismatique : et moi, quel rapport est-ce que j’entretiens avec mon propre charisme? Est-ce que je le ressens, est-ce que j’en doute ?

Je la trouve intelligente et inspirante ? Et moi? Est-ce que je me trouve bête, est-ce que je me juge sur mon intelligence ?

J’ai l’impression de ne pas être à la hauteur, de ne pas mériter l’autre : qu’est-ce qui en l’autre m’éblouit ? Et si cet éblouissement mettait en lumière une part de moi que je dois aller repêcher, moi aussi ? 

Par exemple : je suis éblouie par sa liberté et son indépendance. Est-ce que je me sens libre, moi? Est-ce que j’oeuvre à mon indépendance ? Est-ce que je me sens fière de moi, de ce que j’ai accompli, des défis que j’ai relevés ?

En réalité, ce qu’on voit chez l’autre et que notre regard amoureux exagère, ce sont des parts de nous qui demandent à ce qu’on s’intéresse à elles. Ça ne veut pas dire que l’autre n’est pas effectivement une belle personne, pourvue de toutes ces qualités là. Ca veut dire tout simplement que par le biais de la rencontre, une partie de notre lumière à nous, que peut-être on ne ressentait plus, veut être réhabilitée à nouveau.

Passés les premiers temps, l’admiration pour l’autre faiblit et on se rend compte qu’il est juste humain. Alors si on ne supporte pas de voir aussi ses failles, ses défauts, ses zones d’ombres, on peut se remettre en question de la même façon et se dire : si je ne supporte pas que cet autre ait des défauts, quel rapport j’entretiens avec mes propres défauts ? Est-ce que je ne veux pas les voir ? Est-ce que je ne veux pas les assumer ? Est-ce que je ne supporte pas l’idée d’avoir des défauts, de ne pas être parfait ?

Si je suis dure avec l’autre qui est un humain imparfait, est-ce que ça ne veut pas dire que je suis également trop dure avec moi-même? Suis-je facilement satisfait ou constamment frustré?

Si les relations amoureuses nous intéressent tellement, ce n’est pas juste parce que c’est agréable d’avoir quelqu’un près de soi, c’est aussi parce que c’est dans ce lien intime qu’on apprend le mieux à se connaître.

projection introjection en psychologie
  • Le rapport de maître à élève

La relation de maître à élève est aussi beaucoup basée sur un principe de projection positive et de découverte de soi. L’élève admire, respecte, et envie le maître. Il suit son enseignement, pourquoi? Pour assimiler son savoir, ses compétences, donc en quelque sorte, pour devenir comme lui. 

Le maître va donc être une surface de projection pour l’élève, qui va ainsi pouvoir projeter sur quelqu’un d’extérieur, les qualités qu’il porte en lui et qu’il est appelé à développer. Et vice versa, le maître, en validant son élève et en encourageant sa progression, reste en contact avec sa part d’élève en lui. Il reste toujours en apprentissage, en formation, et ainsi reste relié à l’âme jeune et curieuse en lui.

  • Les amitiés

Montre moi tes ami(e)s et je te dirai qui tu es. Montre moi qui sont tes amis et ça m’aidera à découvrir des parts de toi, en chair et en os. Pour ma part j’ai cette amie artiste, comédienne, cinéaste, à moitié nomade. Sur elle j’ai projeté mon amour pour l’observation artistique de l’être humain et la créativité. 

J’ai cette amie anthropologue, globe-trotter, qui parle plusieurs langues. Avec elle, je vis par procuration les voyages que je ne fais pas et je garde le contact avec une pensée multiculturelle garante de mon ouverture d’esprit.

J’ai cette amie hypersensible, bourrée d’autodérision, à l’humour noir mordant et aux humeurs cycliques. Avec elle j’arrive toujours à rire de mes phases “down” et à relativiser les épreuves.

J’ai cette amie avec laquelle j’ai toujours 5 ans et demi.

Il y a aussi celle qui porte les souffrances du monde sur ses épaules, et qui ne fait rien pour sortir de ses problèmes. Je l’aime beaucoup mais, si avant j’ai pu être comme elle, je ne suis plus dupe de la part de moi qui voudrait me faire croire que je n’ai pas le choix de souffrir. Ça fait longtemps que je sais que ça n’est pas vrai. Mais chacun son rythme !

Et puis cette autre, très marseillaise dans le genre, avec qui la commère en moi s’autorise à faire sa mauvaise langue car je sais que la bienveillance ne la quitte jamais.

Elles sont très différentes mais toutes elles me ressemblent beaucoup. Elles ressemblent et accentuent des parts de moi qui se réveillent avec elles, et ainsi, lorsque quelque chose en elles ne me plait pas je me dis toujours en premier : en quoi ça parle de moi ? 

Cette simple question permet d’éviter de se disputer pour des broutilles, et comme on dit “de commencer par balayer devant sa porte”!

Nous avons bien fait le tour du phénomène de la projection, voyons maintenant des exemples d’introjection.

Projections versus Introjections

Voyons maintenant la différence entre projection et introjection en psychologie analytique.

Projection : définition

En psychologie analytique, on désigne par le terme “projection” le phénomène consistant à attribuer à quelqu’un d’autre des qualités, des défauts ou des pensées qui appartiennent surtout à nous. Le phénomène inverse est celui de l’introjection.

Introjection : définition

A la différence de la projection désignant un mouvement allant de soi vers l’extérieur, l’introjection désigne le mouvement inverse: du monde extérieur vers soi. Autrement dit, quand je projette, c’est qu’il y a une part de moi que je reconnais dehors, ou que je veux faire exister dehors, pour peut-être ensuite, l’accepter en moi.

Mais il y a également un autre phénomène qu’on appelle l’introjection et qui est en quelque sorte l’inverse. C’est-à-dire que je porte en moi, dans ma façon de fonctionner, de penser, de raisonner, de percevoir le monde, des choses qui finalement ne m’appartiennent pas.

Oui, il y a des parts de nous, qu’on croit être des parts de nous mais qui en fait ne nous appartiennent pas. Elles ne font pas partie de notre personnalité, elles appartiennent à d’autres personnes. Comment est-ce possible ? Voici des exemples.

  • Part introjectée dans l’éducation

Pendant notre enfance, nous sommes soumis à des éducateurs : parents, grand-parents, professeurs… etc. Ces éducateurs nous transmettent un cadre qui nous permet de grandir en sécurité. Mais nul n’est parfait et aucun éducateur ne l’est non plus. Sans compter les éducateurs carrément néfastes.

Ainsi, les éducateurs vont également être à l’origine de transmissions plus ou moins déformées, que l’enfant va assimiler comme “normales” et qui, devenu adulte, vont devenir des limitations au développement harmonieux de sa personnalité.

Par exemple : 

  • La mère surprotectrice

Imaginons que j’ai une mère hyper-anxieuse, qui a tout le temps peur qu’il m’arrive quelque chose ou que je tombe malade. L’intention n’est pas mauvaise. 

Le problème c’est que son anxiété va m’empêcher de faire mes expériences et mes erreurs. Elle ne me laissera pas faire du vélo car elle aura peur que je tombe et que je me casse la jambe. Elle ne me laissera pas utiliser les plaques de cuisson, parce qu’elle aura peur que je mette le feu à la maison. Elle ne me laissera pas rentrer seul à pied car elle aura peur qu’on me kidnappe…

Et ainsi, lorsque je serai adulte, j’aurai du mal à prendre des risques parce qu’il y aura cette part-là, la part de la mère anxieuse, qui aura comme pénétré mon système psychique. Ma crainte à prendre des risques, à gagner mon autonomie, à tenter des choses, ne viendra pas vraiment de mon tempérament à moi mais de la part introjectée de la mère anxieuse.

La voix dans ma tête qui me dira : “Attention, tu n’es pas capable, tu risques de faire une bêtise, ne tente rien, c’est plus prudent…” est finalement la voix de ma mère qui continue à résonner en moi, 20, 30, 40 ans plus tard.

projection introjection psychologie
  • Le beau-père violent

Prenons un enfant qui a grandi dans une famille dysfonctionnelle, avec un parent violent. Le beau-père est violent, et il se prend des coups régulièrement.

Il va devenir un adulte qui aura du mal à sentir quand ses limites seront dépassées. Parce qu’enfant, il n’avait aucun moyen d’empêcher le beau-père de cogner, l’adulte ne respectait pas ses limites. Aussi, il valait mieux se dissocier de ses émotions et attendre que ça passe. 

Il sera donc peut-être devenu un adulte qui a tendance à se dissocier des émotions fortes, pour fuir toute situation considérée comme émotionnellement dangereuse, au moins sur un plan psychologique.

Ou bien, un adulte qui aura du mal à discerner les comportements abusifs des gens. Et qui sera tenté de fuir toute intimité, tout rapport de confiance, par crainte qu’il y ait une source de souffrance masquée.

Faire le lien avec l’enfance permet ainsi à la personne de revenir à qui elle est : non je ne suis pas comme ça, ma nature n’est pas comme ça. Ça n’est pas moi. C’est un système de survie que j’ai mis en place mais ça n’est pas moi. 

Et quand la petite voix dans ma tête me dit que je ne mérite pas d’être heureux, d’être aimé, d’être remercié pour la personne que je suis, ce n’est pas ma voix à moi, c’est la voix de ce beau-père qui me frappait. Je devais forcément être une mauvaise personne, sinon pourquoi m’aurait-il frappé? Les gens qui me voient comme quelqu’un de bien se trompent forcément…

Rendre au beau-père violent ce qui lui appartient, grâce à un travail sur soi et surtout grâce à un travail en thérapie, permet à l’individu d’éloigner ce parasitage qui l’empêche de s’affirmer et de se connecter à sa vraie personnalité.

  • La prof de gym grossophobe

Imaginons maintenant, une personne qui aurait été sportive de haut niveau. Elle a dû faire attention à son poids pendant toute son enfance. Pourtant, à la base, elle n’était pas maigre. Dans sa famille, ils sont plutôt costauds, et elle a dû passer son enfance à se priver de reprendre du dessert pour être sûre d’être sélectionnée en compétition…

Adulte, il y aura de grandes chances que cette personne développe des troubles du comportement alimentaire. La voix dans sa tête qui commentera son alimentation de façon obsessionnelle ne sera pas elle, mais la part introjectée de la prof de gym et de la famille qui n’auront eu de cesse de la culpabiliser de manger.

Les troubles du comportement alimentaire génèrent chez les personnes qui en sont atteintes une grande détérioration de la confiance en soi. Comprendre déjà que la “petite voix dans leur tête” qui les rabaisse systématiquement n’est pas une part de leur personnalité mais une part de cet éducateur obsessionnel, peut déjà aider à prendre de la distance avec cette voix et petit à petit, de se désidentifier des pulsions qu’elle génère, par frustration.

  • Le grand-père ambitieux

Imaginons enfin, un homme qui aurait eu un grand père bon, plutôt sain, et hyper fier de son petit fils. C’est son seul petit fils alors il met sur lui toutes ses ambitions ! Problème : deux générations les séparent et donc les mentalités ont changé.

Qu’importe, le grand-père n’arrête pas de répéter au petit-fils qu’il sera médecin, comme lui, et qu’il sera le chef de famille à sa mort. Le petit fils devient médecin. Mais pas chef de famille. Il faudra attendre la mort du grand-père pour que le petit fils fasse son come-back. La mort effective du grand-père a également tué la part introjectée du grand-père en lui qui comptait sur lui pour devenir un “chef de famille”.

Cet exemple est un peu extrême, l’idée n’est pas d’attendre que les personnes à l’origine de nos introjections s’en aillent, mais bel et bien de travailler sur soi pour comprendre d’où viennent ces “petites voix dans nos têtes”. Certaines sont bel et bien des parts de nous, ce qu’on appelle alors des complexes autonomes, et d’autres ne sont pas de notre fait mais ont été mis en nous par notre entourage : ce sont des parts en nous mais pas à nous, elles sont introjectées.

Différence entre complexe autonomes à soi et parts introjectées

Définition complexes autonomes

En psychologie analytique, on considère qu’on n’est pas une personnalité figée mais plutôt une personnalité multiple. Pour preuve : on peut être très différent selon les contextes, sans pour autant être fou. On peut être un chef d’entreprise sérieux voire intransigeant en semaine, un gros fêtard le samedi, et jouer des heures au ballon avec ses neveux le week-end.

Les neveux ne connaissent pas le chef d’entreprise sérieux, et les employés ne connaissent pas le fêtard bourreau des cœurs du samedi.

Je pense que je pouvais pas faire plus court comme présentation du concept des complexes autonomes là !

-> Si vous souhaitez approfondir le sujet, je vous invite à aller regarder ces articles plus théoriques : sur la projection et sur les complexes autonomes.

Les complexes autonomes quand on travaille sur soi

Quand on fait un travail sur soi, que ce soit en thérapie ou seul, le concept des complexes autonomes peut être d’une grande aide. En effet, il y a des caps dans la vie où on sent que notre façon de fonctionner a montré ses limites, et qu’on doit s’ouvrir à d’autres choses.

C’est là où on va observer des complexes autonomes qui se mettent à s’exprimer. En leur tendant l’oreille, en les accueillant, on va se reconnecter à des parts de notre personnalité qu’on avait peut-être laissé de côté pendant trop longtemps

Par exemple:

  • L’amie célibataire

J’ai cette amie qui est enfin célibataire après des années à être malheureuse en couple. Je ne la reconnais pas ! Elle me propose d’aller danser – la dernière fois ça devait être il y a 15 ans ! – et je la redécouvre telle que ça faisait longtemps que je ne l’avais pas vue : féminine, hyper élégante, rayonnante, et infatigable ! 

Mon amie a reconnecté avec sa part physique et avec sa part séductrice. Et aussi avec sa partie sportive du coup : elle va au sport, elle s’est même inscrite à la boxe…

  • Mon ado intérieure 

En ce moment, je suis en train de terminer mon livre. Pour l’écrire, j’ai dû aller chercher des parts de moi qui sont essentielles au processus d’écriture. Notamment mon ado intérieure. Car ado, j’écrivais beaucoup, je dessinais aussi, c’était une façon pour moi, en grande introvertie, de me relier régulièrement à mon cœur, à mon âme. Sans l’ado intérieure, je n’aurais pas pu écrire ce livre. Dans le livre je l’ai appelée “la jeune fille qui chante” car je chantais beaucoup aussi quand j’étais jeune. Et j’ai écrit ce livre en chantant. Pour écrire, j’ai besoin de chanter régulièrement, c’est une façon de rechercher le bon timbre, les notes justes avec ma voix, et donc d’écrire fidèle à moi-même, à cette voix.

En tant qu’analyste jungienne, je travaille beaucoup avec les complexes autonomes en thérapie. Ce sont aussi des choses qu’on discerne très bien dans les rêves. Tel personnage qui revient souvent, telle ambiance, telle attitude… Ne pointeraient-ils pas vers une part de la personnalité de l’analysant qui cherche à s’exprimer ?

Et puis le travail analytique permet aussi de faire la distinction entre ce qui est à l’individu et ce qui ne lui appartient pas. A ses complexes autonomes, c’est-à-dire à des parts de lui-même qu’il doit accueillir, et à des parties de sa psychologie qui ont été façonnés par son environnement et son entourage.

projection introjection en psychologie

Par exemple : 

  • L’autorité intérieure et la hiérarchie

Prenons une personne qui a un mal fou avec l’autorité. Elle pense qu’elle est comme ça, que c’est son tempérament. Au fur et à mesure de l’analyse, on observe que ça n’est pas si simple. Si c’était son tempérament, alors elle exercerait un métier en tant qu’indépendant.

Mais elle n’a pas l’air assez autonome pour se lancer à son compte. En même temps, sa difficulté avec l’autorité fait que les relations au travail sont régulièrement tendues.

Qu’est-ce qui se passe ?

Il y a une part introjectée qui vient de la mère, d’une mère assez psychorigide et peu ouverte à la contradiction. Les rapports à la mère demeurent conflictuels. Ces rapports avec la première hiérarchie : la mère, l’autorité parentale, sont projetés sur tous les autres systèmes nécessitant une hiérarchie, et donc forcément au travail.

Ainsi ce n’est pas l’individu qui n’est foncièrement pas fait pour le travail en groupe. Au contraire, cette personne aime l’esprit de groupe, la collaboration, la solidarité, l’entraide. Son tempérament extraverti le pousse à rechercher le lien et à se passionner pour son prochain. C’est la part introjectée de la mère qui inscrit comme une fatalité l’échec de la relation hiérarchique.

Ici nous n’avons donc pas affaire à un complexe autonome à proprement parlé, c’est à dire à une part de la personnalité de l’individu qui voudrait tenter l’expérience de l’entrepreneuriat. Ce n’est pas un complexe autonome porteur d’une énergie d’entreprise qui exprime sa frustration. C’est la part introjectée de la mère psychorigide contre laquelle l’individu n’a pas fini de se débattre.

Autre exemple : 

  • De Sciences Po à la menuiserie

Imaginons un homme issu d’une famille populaire, qui est doué en classe mais aussi bricoleur, et qui fabrique tout un tas d’objets. Poussé par ses parents dans une dynamique de transfuge de classe, il va poursuivre ses études jusqu’à effectuer tout le cursus de Sciences Po.

Il va être parmi les premiers de sa promo, et puis finalement, à la surprise générale, il va enchaîner avec une formation de menuiserie.

Que s’est-il passé?

Ce qui le poussait à faire des études en sciences politique, c’était une part introjectée de sa famille qui souhaitait ce chemin pour lui. Mais sa nature à lui était faite pour un travail manuel. Le complexe autonome qu’on pourrait appeler “le complexe autonome du menuisier”, laissé dans l’adolescence, a patienter le temps que de satisfaire les parents, pour revenir chercher l’étudiant et lui rappeler le rêve de l’ado qu’il était.

Merci de m’avoir lue !

Faites de beaux rêves et notez les !

Léa Le Gall


Si cet article vous a plu, je vous invite à regarder mes vidéos sur Youtube à propos du rêve et de la psychologie analytique de Carl Gustav Jung

Voir la chaîne YT de Léa Le Gall


Publié le

Catégorie(s) : Psychologie jungienne


Laisser un commentaire :

Vous aimerez aussi :


interprétation des rêves

L’Interprétation des Rêves de A à Z

Une interprétation des rêves, ça m’intéresse. Mais un rêve, c’est quoi au juste ? Je vous explique l’interprétation des rêves de A à Z

psy chez le psy

Un bon psy va chez le psy

L’instrument du psy est sa perception. Un psy va chez le psy pour prendre soin de ses outils de travail : sa conscience et son discernement.