Philémon : l’ami stylé de Jung

⚠️ Mise en garde : cet article a pour objet principal un épisode de la vie de Jung marqué par l’apparition en rêve d’un personnage « Philémon ». Il évoque une expérience de Carl Gustav Jung qui est à contextualiser dans un cadre particulier. Jung était alors en train de renouer avec son enfant intérieur. Il expérimentait une espèce de lâcher-prise en s’adonnant à des jeux de construction, lâcher-prise thérapeutique auquel il donnera le nom de travail « d’imagination active ». Je reviendrai sur cette notion d’imagination active dans un prochain article. D’ici là retenez qu’il s’agit d’une pratique à travers laquelle on accède à son inconscient en laissant monter des images au sein d’un travail de création. Cette pratique est déconseillée aux personnes en dépression ou présentant un trouble mental comportant un risque psychotique.

Philémon apparaît à Jung lorsqu’il est au plus bas

Dépression et crise existentielle

En 1913, Carl Gustav Jung traverse une période d’introspection qui va durer plusieurs années. Il expérimente la dépression, le doute, la solitude… (Il a rompu avec Freud, entre autres, et ça a tout remis en question.) C’est un moment de vie très difficile, une crise existentielle costaud.

Pourtant, c’est bien au cours de cette période sombre et suspendue que se dessinent les grands concepts de sa psychologie. Jung accepte la régression qui l’assaille et renoue avec son enfant intérieur en s’adonnant chaque jour à des travaux manuels comme un enfant qui façonne des mondes. En fabriquant des petites maisons en terre, il laisse monter de l’inconscient des images et les accueille. Ainsi la pensée jungienne se déploie et s’organise.

(Parenthèse : c’est à Carl Gustav Jung que l’on doit le concept de « l’enfant intérieur ». On oublie souvent qu’il en est l’auteur.)

Philémon
Philémon peint par Carl Gustav Jung dans le Livre Rouge

Apprentissage et découvertes

Il se détache de la psychiatrie, se désengage de sa vie sociale, sort peu, et pourtant il se recentre et une synthèse s’effectue. Comme s’il avait eu besoin de cette traversée du désert afin de revenir sur le devant de la scène avec cette vitalité qui impressionnait ses contemporains. Comme si le chemin parcouru pendant ces années noires avait posé les jalons de tous les livres qui lui restait à écrire.

C’est donc dans ce contexte que Carl Gustav Jung rencontre au détour d’une vision onirique celui qu’il appellera Philémon :

« Puis un autre personnage surgit de l’inconscient. Il avait pris forme à partir de la figure d’Elie, apparue dans le rêve précédent. Je l’appelais Philémon, figure à la fois égyptienne, païenne.

Son personnage m’apparut d’abord en rêve : il y avait un ciel bleu, mais on aurait dit la mer. Il était couvert, non par des nuages, mais par des mottes de terre. On avait l’impression que les mottes se désagrégeaient, et que la mer bleue devenait visible entre elles. mais cette mer était le ciel bleu. Soudain, apparut un être ailé qui venait en planant de la droite. C’était un vieil homme doté de cornes de taureau. il portait un trousseau de quatre clés dont il tenait l’une comme s’il avait été sur le point d’ouvrir une serrure. Il avait des ailes semblables à celles du martin-pêcheur, avec leurs couleurs caractéristiques…

Je ne comprenais pas ce rêve… Mais durant les jours qui suivaient, je trouvais un oiseau mort, sur le bord du lac, un martin-pêcheur mort. […] ce fut comme si la foudre m’avait frappée.

Philémon, ainsi que d’autres personnages de mon imagination m’apportèrent la connaissance décisive qu’il existe dans l’âme des choses qui ne sont pas faites par le moi, mais qui se font d’elles-mêmes et qui ont leur vie propre.

Philémon représentait une force que je n’étais pas… J’eus avec lui des conversations, en imagination, et il dit des choses que je n’aurais pas pensé consciemment. Je perçus très exactement que c’était lui qui parlait et non pas moi. Il m’expliqua que je procédais avec les pensées comme si je les avais créées moi-même, alors qu’à son avis, elles possédaient une vie propre, tels des animaux dans la forêt, des hommes dans une pièce… « Si tu vois des hommes dans une pièce, tu ne prétendrais pas que tu les as fait ou que tu es responsable d’eux », m’enseigna-t-il. » in Ma Vie.

Je vous propose d’analyser l’allure originale de celui qui deviendra pour Jung son guide, à l’image de l’ami imaginaire de l’enfant et du guru des indiens.

Philémon : une dégaine plutôt rock pour un archétype

Analysons la figure de Philémon, où les styles se croisent de manière audacieuse.

Un être hybride mixant christianisme et paganisme

Vu en rêve, Philémon est un produit de l’inconscient de Jung qui lui permet précisément d’entrer en contact avec son inconscient. Il est ce personnage appartenant à son monde intérieur qui garde et ouvre l’accès aux réponses, grâce au trousseau de clés semblable à Saint Pierre. Notons la présence du chiffre 4 – quatre clés – chiffre de la totalité pour Jung et symbole du Soi.

Il touche à l’Archétype du Vieux Sage, s’annonce comme un avatar de Saint Pierre et ainsi fait naturellement autorité.

Notons également que les cornes, bien avant d’être récupérées par l’Église pour créer la figure du diable, étaient l’apanage des divinités païennes. Elles n’avaient rien de diabolique, au contraire ! Les cornes symbolisaient une conscience supérieure reliée au ciel, donc à l’énergie spirituelle.

Ceci confirme qu’il s’agit d’une image archétypique métissée, façonnée avec des « basics » de l’inconscient collectif.

Les ailes donnent à Philémon la capacité d’élévation. Autrement dit l’aptitude à prendre de la hauteur, à apprécier les mouvements à un niveau plus global… Comme les plumes chez les indiens d’Amérique. Les ailes de Philémon participent d’une conscience supérieure (renforçant ainsi le symbolisme des cornes).

Philémon a des ailes de martin-pécheur
« Il avait les aîles semblables à celles du martin-pêcheur » C.G.Jung, « Ma vie »

Philémon : un Saint Patron païen ?

La recherche de cet élargissement de la conscience, tel est le cœur du processus d’individuation. Cela pourrait paraître naïf pour des adultes cyniques ou désabusés. En effet, il est clair qu’on ne peut s’intéresser à l’œuvre de Jung sans assumer – et revendiquer – un certain enthousiasme un peu puéril. 😉 Car c’est bien cette curiosité vigoureuse, cette fraîcheur qui l’a rendu si curieux de tout. Si apte à se réinventer et à questionner les croyances et les vérités que son époque tenait pour acquises. C’est l’enfant en nous qui sans cesse réinterroge notre paradigme. Et c’est cet engouement naïf pour les apprentissages auquel nous ne voudrions pour rien au monde renoncer !

En ce sens, Philémon apparaît donc à Jung comme la promesse d’une sagesse à venir. Jung s’en remet à lui sans a priori et se laisse guider.

Découverte phare : l’individu porte ses solutions dans son inconscient

Au contact – ou plutôt devrait-on dire « en présence » – de Philémon, Jung s’élève. Il discute littéralement avec lui. Il arrive à se libérer de la possession de l’ego, et réalise que si les réponses sont formulées par Philémon – une création de son propre imaginaire – c’est donc qu’elles sont quelque part en lui. Découverte ou confirmation d’une intuition révolutionnaire pour le psychiatre qu’il est : le patient a les ressources en lui.

L’analyste est donc celui qui, tel Philémon l’a fait pour lui, va le guider pour permettre la rencontre avec ses réponses personnelles qui patientent dans son inconscient. Les ailes de Philémon réfèrent aussi bien évidemment à la figure de l’ange. Ange gardien d’abord, ange messager envoyé par le(s) dieu(x), guide spirituel… Et à Hermès qui est une divinité à laquelle Jung fait souvent allusion dans ses écrits.

Étymologie du nom « Philémon »

Le nom Philémon a une étymologie grecque, il signifie « amical, affectueux ». D’autre part, d’après le site enfant.com « Philémon est un nom grec « philiein » et « monos » se traduisant par « aimer » et « seul ». Par extension, ce prénom est rattaché au sens de « ami unique ». Il peut également signifier « qui aime la lune » dans une autre interprétation. »

J’ignore si Jung a choisi ce prénom en connaissance de cause ou si ce prénom lui est apparu en rêve en même temps que le personnage. Dans le deuxième cas, il pourrait s’agir de cryptomnésie. En effet, l’étymologie sied parfaitement au rôle du personnage.

« Qui aime la lune » : la lune est associée à Hécate et donc à la pensée magique. Philémon relie Jung à une sagesse antique souterraine et en même temps pétrie de – car c’est bien la première chose à laquelle on pense en lisant « Philémon » – philosophie.

Jung a fait gravé « Philemonis Sacrum » (Sanctuaire de Philémon) sur la porte d’entrée de sa maison de Bollingen. Il semble ainsi dédier sa maison de campagne à ce personnage qui l’a poussé à consacrer beaucoup d’espace à son travail introspectif.

Discuter avec Philémon = dialoguer avec son inconscient

Philémon s’impose à Jung à ce moment-là de son évolution car il incarne un besoin urgent : renouer le dialogue avec son inconscient. Passer par-delà des limites de la conscience auxquelles la réflexion se heurte. L’« amitié » de Jung et de Philémon est un premier pas vers l’ouvrage qui sortira, quinze ans plus tard, Dialectique du moi et de l’inconscient. Il ne parlera cependant pas dans ce livre de son « guru » – conscient du risque de passer pour un doux rêveur et un original…

(Parenthèse : La tête sur les épaules, le Docteur Jung n’a dévoilé ses cartes qu’une fois sa réputation acquise et au crépuscule de sa vie. C’est donc tardivement qu’il racontera cette expérience, dans son œuvre autobiographique écrite avec Aniéla Jaffé Ma Vie. On trouvera des illustrations représentant Philémon dans Le livre rouge).

L’irruption de Philémon dans la vie de Jung intervient alors qu’il commence à théoriser son « imagination active ». Je répète qu’en cas de vulnérabilité psychologique, cette pratique doit être encadrée. J’y reviendrai dans un prochain article.

Je vais à présent vous raconter une expérience que j’ai faite lorsque j’avais dix-neuf ans, sensiblement différente mais qui résonne et prolonge la discussion…

Sheraacksès, Léa Le Gall 2010
Sheraackès, Léa Le Gall automne 2010

Philémon le Vieux Sage vs Sheraacksès l’Ombre

Chaque archétype a son aspect lumineux et son versant obscur. C’est d’ailleurs cette ambivalence qui est l’essence même du « numineux ». Marie Louise Von Franz en parle longuement dans son livre L’interprétation des contes de fées. Si Philémon était un archétype bénéfique pour Jung, j’en ai personnellement rencontré dans ma jeunesse une version beaucoup moins sympathique du nom de Sheraacksès… C’est ce dont je vais maintenant vous parler.

Je vais dans un premier temps avancer mes hypothèses concernant Philémon et Sheraacksès. Puis j’évoquerai la récupération que je me permets de faire des personnages oniriques dans ma pratique de l’interprétation des rêves afin qu’ils deviennent des agents actifs de transformation. Enfin je terminerai cet article en laissant le débat ouvert sur la question de la projection.

Dix-neuf ans : à la découverte de l’inconscient

J’ai toujours beaucoup rêvé, toutes les nuits. Jusqu’à mes vingt-trois ans je dessinais énormément et je peignais aussi. Depuis que je suis mère…

(*definition « mère » : femme souvent débordée. Traits caractéristiques : yeux cernés et pas maquillés / biscuit écrasé sur le pull / répète les choses mille fois / recouvre de bisous des lutins au nez sale. Synonyme : masochiste.)

…je ne dessine presque plus. Je n’ai plus le temps pour me laisser aller à cet état de détachement qui reviendra lorsque les enfants auront grandi. Souvent, je m’assoupissais et je me réveillais brusquement avec un nom et un personnage que je dessinais immédiatement. Parfois même avec une mélodie ! Inutile de préciser que je n’avais alors jamais entendu parler de Carl Gustav Jung.

Je me souviens d’un personnage en particulier : Sheraacksès. J’avais dix-neuf ans et j’étais en collocation à Paris avec mon amie Lola. L’amie Lola Cambourieu est aujourd’hui réalisatrice avec son compagnon Yann Berlier et je vous encourage vivement à les suivre → Réalviscéralisme (France) – Unifrance.

Du jeu d’écriture surréaliste aux phénomènes improbables

Nous nous passionnions pour les mots, les lettres, le théâtre, l’art et le surréalisme. J’avais lu le Manifeste du surréalisme d’André Breton – bien que je n’y comprenais à vrai dire pas grand-chose. Nous faisions des expériences d’écriture et de dessin. Des séances de sophrologie amateur. Nous nous essayons notamment à l’écriture et au dessin automatique dans des états proches de l’autohypnose (pour imiter Robert Desnos dont j’étais amoureuse du regard bleu).

Les rêves au détour d’une sieste sont souvent les plus forts, avez-vous remarqué ?

Je me souviens très bien de ce personnage de Sheraacksès. Je m’étais réveillée en panique. J’avais attrapé mon carnet de notes et je l’avais dessiné. Je n’ai pas inventé son nom, il s’appelait comme ça dans le rêve. J’avais su instinctivement qu’il représentait le danger psychologique qui me guettait. J’étais alors gravement dépressive et j’avais honte de l’admettre. La rencontre avec ce personnage en rêve m’avait bouleversée. Il ressemblait au Jiminy Cricket de Pinocchio mais dans une version négative voire morbide.

Je comprends aujourd’hui qu’il figurait en fait le danger auquel je m’exposais alors. En entrant en contact par divers procédés avec mon Ombre tout en étant si jeune donc vulnérable. A l’époque, j’avais senti qu’il portait une mise en garde, mon émotion était parlante.

Comme Jung a expérimenté à un très jeune âge la division en lui, ce n’est pas pour rien si je me suis intéressée à la psychologie. Je vis littéralement mes rêves, ce qui peut être une mine d’or quant j’ai besoin de réponses pour débloquer une situation. Mais ça peut aussi être parfois épuisant. Et c’est avant tout pour comprendre le message de mes rêves que mes lectures m’ont conduites jusqu’à Carl Gustav Jung et Marie Louise Von Franz. Le soutien de ceux que je qualifierais comme des alliés intellectuels m’était nécessaire pour m’affirmer. Grâce à cette expérience personnelle des rêves et les livres de ceux qui m’ont précédée, j’ai pu élaborer ma méthode afin d’accompagner les autres dans la compréhension de leurs rêves.

Que faire de ces amis/ennemis/intrus imaginaires, insolites voire encombrants ?

Philémon ressemble à Saint Pierre
« Dans la vie, l’important c’est de ne pas oublier ses clés. » Saint Pierre

Regarder ses imaginations mais ne pas s’identifier à elles

Le surgissement d’un archétype impressionne et fragilise

Sheraacksès est venu à ma rencontre lors d’une sieste en 2010. La difficulté est de tenir l’apparition d’un être issu de l’inconscient, autrement dit d’un archétype pour ce qu’elle est : un simple produit de l’inconscient et rien d’autre ! Danger : sans cette prudence, la séduction opérée par la vision pousserait à y voir une apparition magique… La panique mais également le manque de connaissance quant aux manifestations de l’inconscient peut amener une confusion entre le dedans et le dehors, entre le symbolisme et la réalité. Autrement dit à l’accident psychiatrique… C’est ce dont parle Jung lorsqu’il met en garde contre le risque d’être « possédé par un Archétype ».

Jung avait la connaissance nécessaire pour savoir à quoi s’en tenir avec Philémon. Il a su mettre à profit cet évènement qui aurait pu conduire à un état de dissociation. Créer du dialogue avec Philémon pour Jung, reconnaître en Sheraacksès une allégorie de mon mal être : deux façons d’accepter l’existence son inconscient.

Converser avec son intuition grâce à l’analyse de ses rêves

A une autre échelle, l’interprétation des rêves permet d’observer les acteurs oniriques qui surgissent et de comprendre ce qu’ils représentent. Les éléments vus en rêve ont toujours quelque chose à enseigner. L’interprétation permet au rêveur de remettre chaque chose surgie de l’inconscient à sa place. La présence d’un tiers – l’interprète également appelé onirologue – assure une certaine impartialité complémentaire à l’expérience subjective du rêveur.

⚠️Toutefois, dans le cas de certaines pathologies perturbant le lien de l’individu avec la réalité, le travail sur le rêve est proscrit. Aussi contactez-moi au préalable, si vous souffrez de certains troubles psy avant de m’envoyer votre rêve.

A titre d’exemple, je vais prendre des cas concrets, sans rentrer dans le détail de chaque rêve pour ne pas sortir du sujet :

_Un client voit en rêve une femme qui le viole presque. Je pense à l’archétype de la Sphinge (Dorlis, Succube…). D’abord je lui explique qu’il doit accepter qu’il ait certaines des caractéristiques de ce personnage en lui (séduction, manipulation, abus dû à un fort charisme… etc). Je lui suggère de parler mentalement à la Sphinge avant de s’endormir. De lui poser des questions et de voir si la nuit lui porte conseil. Il m’écrit pour me raconter ses rêves des nuits suivantes : la Sphinge est devenue une amie, une complice. Elle ne cherche plus à le « posséder » et il est ravi de voir dans quels endroits surprenants et hautement symboliques elle l’entraîne. Il est question notamment d’une montagne qu’ils grimpent ensemble…

_ Une cliente est amusée de trouver une cape de déguisement dans un rêve, qui permet de s’envoler. L’interprétation soulève sa propre difficulté à « faire partie » et son sentiment d’être souvent en décalage par rapport aux autres. Cette cliente est dotée d’une intuition très pointue mais, comme Cassandre, souffre de n’être pas prise au sérieux. Je lui suggère de revêtir cette cape lorsqu’elle se sent oppressée, afin de s’élever mentalement. De prendre de la légèreté. De « s’évader » en quelque sorte du moment pénible et de désamorcer l’influence de son interlocuteur. Elle m’écrit une semaine plus tard qu’elle utilise la cape aussi pour s’endormir quant des pensées négatives l’empêchent de se détendre.

Ces deux exemples simplement pour vous donner une idée de la manière dont je vais interroger le matériau onirique et l’impliquer. Pour agir sur la prédisposition consciente face à l’inconscient et fluidifier le rapport entre eux.

Oedipe et la Sphinge
Œdipe et la Sphinge

Allégorie et projection

Enfin, ce que je vais dire là est une opinion toute personnelle, fondée sur mon observation. Il est donc pas impossible que dans quelques années j’aie changé d’avis !

Philémon, Sheraacksès, la Sphinge, la « cape d’évasion »… Les composants oniriques participent d’un phénomène de production/projection. Production quasiment artistique d’ailleurs! Nous avons apprécié le look hyper stylisé de Philémon dans la première partie de cet article. Sheraacksès a un patronyme digne d’un « méchant » d’un Walt Disney. La Sphinge et la cape nous embarquent à mi-chemin entre mythologie et bande dessinée…

Mon postulat est le suivant : et si ce phénomène de production/projection – « produjection » ? mot-valise peu commode et encombrant (si vous avez des propositions pour un mot plus sympa je prends) – était le même que nous retrouvons dans le concept spirituel à la mode des « guides » ?

« Produjection » qu’est-ce que c’est moche… Vivement la fin de cet article !

Je m’explique. Je me laisse énormément guidée par mon intuition. Mon intuition me permet, notamment dans mon travail d’interprétation des rêves, de voir parfois au-delà de ce que le rêve me donne à voir. Selon moi ce n’est ni plus ni moins que de l’intuition, quelque chose qui vient de l’intérieur et qui n’a pas du tout besoin d’être disséqué. Pour moi, l’intuition c’est la conscience qui est à l’écoute de l’inconscient, ou bien dans des cas de danger vital, de pressentiment, c’est l’inconscient qui se fait entendre de force.

Mon opinion est que « les guides » que certains se plaisent à nommer sont tout simplement des personnifications de l’intuition. Non pas des agents extérieurs mais des conseils intuitifs projetés par l’inconscient. Donc des agents archétypiques qui gravitent autour du Moi comme des satellites, et qui, dans certaines circonstances, peuvent adopter une allure rock, un méchant nom, voire des manières facétieuses 😉

N’hésitez pas à partager votre opinion, votre expérience en commentaire, et à me poser vos questions. Je vous répondrai avec plaisir 🙂

Faites de beaux rêves et notez-les !

Léa Le Gall


Publié le
Catégorie(s) : Interprétation des rêves , Psychologie jungienne

Laisser un commentaire :

Vous aimerez aussi :


Interprétation des rêves à la loupe

L’interprétation des rêves à la loupe

Une interprétation des rêves, ça m’intéresse. Mais un rêve, c’est quoi au juste ? Tour d’horizon du rêve et de ses différentes fonctions.

grand rêve

Un « grand rêve » selon Carl Gustav Jung, c’est quoi ?

On appelle « grand rêve » un rêve qui concerne moins l’individu que le destin de l’humanité. Ce sont des rêves rares mais passionnants !

Les archétypes

Les Archétypes selon Carl Gustav Jung

Les archétypes créent les symboles de nos civilisations. Des symboles qui se ressemblent : Marie et Déméter viennent du même archétype.